Masculinité toxique et banalité du mâle








« La masculinité toxique est un concept utilisé en psychologie et dans les études sur le genre en référence à certaines normes du comportement masculin qui ont un impact négatif sur la société et sur les hommes eux-mêmes. Les stéréotypes traditionnels dépeignant les hommes comme socialement dominants, accompagnés de traits liés comme la misogynie et l’homophobie, peuvent être considérés comme « toxiques » en raison de leur promotion de la violence, incluant l’agression sexuelle et la violence domestique. D’autres traits masculins stéréotypés, tels que l’autonomie et la répression des émotions, peuvent être mis en corrélation avec l’augmentation des problèmes psychologiques chez les hommes tels que la dépression, l’augmentation du stress, et l’abus de substances. »

Wikipedia


Les statistiques historiques sont impitoyables. L’immense majorité du mal humain est directement causée par des individus de sexe masculin, seuls ou en groupes. Les hommes, les mâles, les mecs, sont objectivement responsables de la plus grande part du mal dans l’histoire de l’Humanité. En quantité et en qualité.

Ce mal est, de tout temps, causé individuellement par les pères, les fils, les frères, les conjoints, les cousins, les amis, les maîtres, les patrons, les chefs, les collègues, les enseignants, les responsables, les soldats, les inconnus, etc.

Ce mal est, de tout temps, causé collectivement par les mâles dans les familles, les bandes de jeune, les associations criminelles, les groupes de pillards, les bataillons de soldats, les sociétés patriarcales, les dictatures, les régimes totalitaires, etc.

Ce mal est, de tout temps, infligé par les garçons et les hommes aux filles, aux garçons, aux femmes, aux hommes, et surtout aux filles et aux femmes. Sans parler du mal infligé aux animaux.

Guerre, génocide, massacre de masse, viol de masse, pillage de masse, pollution de masse, écocide, violence domestique, violence organisationnelle, violence politique, discriminations, violences sexuelles, etc. etc. etc.

Ce mal s’écrit, principalement, au masculin. Le mal humain est un mâle humain.

Ainsi, plus largement que la définition des psychologues et études de genre, je propose ici de considérer la masculinité toxique comme un mégaphénomène qui transcende toute l’histoire de l’espèce humaine, et qui a un portée ontologique, métaphysique, proprement philosophique, historique et politique.

Bref, tout observateur un peu objectif du mal humain dans l’histoire peinera à ne pas mesurer l’immensité du problème de la masculinité toxique : des êtres humains de sexe masculin provoquent énormément de mal dans les sociétés humaines, la plus grande partie de ce mal, depuis au moins 10.000 ans.

Je vois dans le concept de masculinité toxique une variable explicative unique parmi les plus puissantes pour comprendre notre époque et ses problèmes.

Pour complexifier la perspective, on doit cependant adopter un regard systémique et donc un sociologue analysera également le rôle des femmes, des mères, des filles, des sœurs, des conjointes, des amies, par exemple dans la maffia italienne, dans les familles de hooligans ou chez les néonazis, rôle qui est loin d’être négligeable dans la reproduction culturelle de la masculinité toxique, dans ces cas de figure. Et bien sûr, le propos n’est pas d’annuler le mal commis par les femmes durant l’histoire, réel, existant, non négligeable -oui des femmes et des mères tuent leurs enfants, assassinent, volent, et gouvernent des régimes criminels- mais de reconnaître que, factuellement, il est écrasé par la masse terrible du mal au masculin.

Néanmoins, cette rétrocausalité féminine potentielle sur les hommes ne peut être valide (et uniquement partiellement : rôle sans doute prépondérant des pères, frères, amis, rivaux) que pour l’acquis et non l’éventuelle part d’inné, qui semble ici significative.

Ensuite, si on pose un libre arbitre minimum, quel que soit l’éventuel rôle des femmes dans le système social humain, les mâles restent entièrement responsables de leurs actes.

Enfin, il me semble difficile de postuler une influence significative des femmes dans les pires crimes contre l’Humanité commis à 99% par des hommes, sauf à poser qu’elles seraient dotées de super-pouvoirs d’influence ? Lesquels ? Quels mécanismes ?

Une thèse possible est entièrement sociologique : qu’il n’y a pas d’asymétrie fondamentale initiale entre hommes et femmes, et que, si les femmes sont massivement sous-représentée dans la commission directe de violence/mal, c’est contingent à l’asymétrie de leur position sociale dans l’histoire (patriarcat, etc.) et, donc, dès lors que les femmes seront les égales parfaites des hommes, elles commettront autant de violence/mal que les hommes. Ou, autrement dit, que la femme serait un homme comme les autres, au fond.

C’est une thèse respectable mais je défends ici l’examen d’une autre thèse, biologique, celle selon laquelle il y aurait effectivement une asymétrie fondamentale qui expliquerait les observations, même en neutralisant l’effet sociologique asymétrique de la culture patriarcale.

Si on parvient par exemple à démontrer qu’il y a, biologiquement, statistiquement, en moyenne, plusieurs différences significatives entre les hommes et les femmes (cerveau, réaction hormonale sous stress, force physique, sélectionnées ou pas par l’évolution jusqu’à présent), qui expliquent, au moins en partie (10 / 30 / 50 / 70 % d’inné vs acquis ?), la surreprésentation écrasante des individus de sexe masculin dans la quantité et la gravité du mal commis dans l’histoire humaine…

Alors, il serait opportun de parler d’un mégaphénomène qu’on pourrait appeler « la masculinité toxique », et qui ne serait pas solvable par le simple équilibrage historique des genres, mais qui requerrait, pour l’espèce, de reconnaître que « les hommes », en général, constituent -par leur sexe- une menace potentielle au vivre ensemble civilisé, et qu’il faudrait donc instituer des mécanismes structurels, permanents, de canalisation des velléités violentes issues des mâles.

Je ne suis pas assez expert pour connaître l’état de la science sur le sujet mais vu l’enjeu (des millions de morts et autres victimes par intervalle de temps), il serait selon moi prudent d’envisager aussi la thèse biologique que j’expose ici, sous peine de passer à côté du solutionnement rationnel du mal.

Inné ou acquis, la violence masculine ? Des travaux scientifiques très sérieux apportent en effet des éléments de démonstration convaincants pour appuyer les deux origines causales de la toxicité de l’humain masculin.

Au point qu’on pourrait parfois se demander s’il ne faudrait pas remplacer « mal humain » par « mâle humain ».

Enfin, je vais le dire autrement : de la capacité qu’ont et qu’auront les sociétés à délimiter le champ de nuisance des mâles toxiques, et en particulier des psychopathes et sociopathes les plus terribles parmi eux (Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Poutine, Trump, etc.), dépendront des millions de vie heureuses et en bonne santé.

Vu que l’Écocide planétaire est, lui aussi, massivement gouverné et exécuté par des mâles, on pourrait aussi penser que l’avenir de l’Humanité dépend également de la réponse à ce mégaphénomène. Il est interpellant de constater l’importante corrélation entre l’activisme écologique et le féminisme, où sont surreprésentées des femmes, et la corrélation inverse du côté des mouvements masculinistes, patriarcaux et machistes qui gangrènent la société : ceux-là sont toujours éconégationnistes ou écocidaires. De gros muscles avec un petit cerveau et un zizi vont souvent de pair avec un mépris total pour l’autre, la femme, l’enfant, l’animal et le vivant tout entier. Le mâle a aussi un problème avec l’écologie. Hasard ou nécessité ?

Il se pourrait que l’entreprise démocratique toute entière, depuis 2500 ans, et l’aventure humaine, depuis 300.000 ans, se réduise, in fine, au contrôle par tous les groupes d’homo sapiens des mâles les plus toxiques en leur sein.




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